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Blog franco-nippon à tendance freak NSFW. Humeurs, monologues, nostalgie en barre, WTF et amour du beau. Édition 2012.

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11 novembre
Posted in Le Bar

Mais qu’est ce que tu putain de produit dans ta teuté? Tu te drogues?

Personnes et chats de l’internet, je vous salue. J’ose à peine imaginer que l’un d’entre vous passe de temps en temps pisser sur le mur de ma honte mais c’était sans compter sur Google Analytics, qui lors de mes nombreux élans de curiosité égocentripède, m’apprenait que « zoophilie » était passé premier mot clé conduisant quelques franco-gitans à venir s’astiquer la loutre du côté de chez moi. Y’a donc des coquins dans le coin!

Je ne mens jamais.

Je te rassure, j’ai rien perdu de ma superbe. J’ai passé un été sensationnel à jouer à des jeux en ligne. J’ai pris quelques kilos. J’ai arrêté de fumer. J’ai repris quelques kilos. J’ai consulté un thérapeute qui m’a dit que ça servait à rien que je vienne le voir. Donc tu vois, je suis pas fou, je suis un garçon très équilibré. Pan, dans tes dents, je te l’avais dit, que je me droguais pas, et que j’étais sain d’esprit <PLACER ICI UN RIRE NERVEUX>.

Mon psy m’a dit que j’étais équilibré. J’ai paniqué. Du coup je l’ai giflé. Avec le divan.

J’ai repris mes études, j’ai fait des CV, j’ai regardé des kilos de séries américaines en mangeant des heures de sucre. J’ai élaboré sous ma douche un plan pour poser une bombe de 6kg d’explosifs dans l’appartement de mes voisins si ces connards arrêtent pas immédiatement de me réveiller à 5h du mat les mercredis. Bref, équilibré quoi.

Si tu regardes bien, j’ai posté quelques trucs depuis fin octobre. Ce blog se caractérisera toujours par l’inconstance et l’irrégularité. Ca fait un foutre bail que j’ai arrêté d’avoir envie d’avoir envie. Quel est donc le programme cher ami? Et bien, comme je suis plutôt d’humeur taquine ces temps-ci, et que mon emploi du temps est à peu près totalement vierge, je prévois d’aspirer un peu plus les tétons de ta conscience et de soulager la mienne en déversant l’immondice spleen qui dégorge de mes pensées pour tâcher d’être un peu plus fréquentable en société.

On va parler du Japon, bien entendu. De Tokyo, bien évidemment. Un peu de cul, pour faire le quota. Ou peut-être de rien de tout ça, car tu sais qu’avec moi, ça se passe jamais vraiment comme si c’était que pas ne la raie de ta maman prévu de JE SAIS PLUS FAIRE DES PHRASES. Achève-moi stp.

7 novembre

Tokyo Thoughts #4

La ville basse au soir venu est une succession de ruelles tranquilles à l’éclairage tamisé. Le factice de la ville n’est plus. Le ciel gris-noir contraste les couleurs néons des quelques enseignes qui, traversant la nuit, débutent leur propre journée. L’air frais et l’obscurité apaisent mes pensées.

21 octobre

Tokyo Thoughts #3

Sous les rames de Tokyo s’est organisé un paysage original d’artistes peintres, de leurs galeries bordels, de petites échoppes enfumées d’où l’on entend brailler le soir venu et des poubelles de la rue, que l’on cache à l’abri du regard de la ville.

Sur une caisse de travers, j’hume les vapeurs de prune, les rires ne me dérangent plus. Un bruit assourdissant et puis plus rien. Le passage du dernier train.

19 octobre

Tokyo Thoughts #2

Dans les rues commerçantes d’Asakusa, les bibelots font le tapin au coeur d’une foule toujours disciplinée. Les athlètes urbains, chauffeurs avertis de jinrikisha, l’air fier, alpaguent les badauds alentour. A l’entrée d’une soba-ya, quelques septuagénaires croisent dans l’indifférence un groupe de touristes hagards, affolés de ne savoir ce qui pourrait les attendre derrière ces murs.

La moiteur des nouilles de sarrasin, les senteurs de thé. L’aspiration symphonique d’une assistance enivrée. Le bambou. L’aigreur du soja et de l’algue émincée. Le son de la cloche, les allées et venues. Les enfants qui jouent, le fracas de la rue. 

17 octobre

Tokyo Thoughts #1

De ce pont, je contemple Yanagibashi, son paysage austère; je me remémore le frisson et la brise, la douceur de l’hiver. Te rappelles-tu de ces jours de janvier? Une simple promenade sur les quais, une course à vélo, la neige du matin; l’ivresse du saké et nos voyages en train.

20 mars

De la virilité et du courage

Un mouvement se dégage. Sur twitter, mais pas que, l’on recense les français restés au Japon. On compte.

Presque comme si on allait me coller une étoile sur la chemise aussitôt rentré à Tokyo. Comme pour dire « lui, il est parti; vous pouvez le tondre ». On parle ici des français qui ne sont plus français; de ceux vivant entre deux mondes, tiraillés entre la volonté profonde de devenir plus japonais que les japonais et la conscience tragique qu’ils ne seront jamais perçus que comme des touristes qui auraient oublié leur appareil photo à l’hôtel.

Les symptômes, on les connait; tellement qu’on jurerait ne pas en souffrir. Se marier à une japonaise, passer très peu de temps devant un miroir, courber les vertèbres pendant des années, inverser l’évolution du sapiens pour atteindre une taille plus raisonnable, souffrir en silence lorsque les genoux sont pris en étau entre leur propre poids et la dureté d’un tatami dont ils disent raffoler. S’excuser plus que de raison, parler de traditions qui ne sont pas les leurs, sourire bêtement et se découvrir une passion pour un loisir dont on ne se rappelle jamais le nom.

Les intégrés quoi. Ou intégristes, à s’y méprendre.

Rester, maintenant. Rester, comme pour dire une nouvelle fois qu’il y a eux et les autres. Les étrangers au Japon, d’une part. Les français jouant au japonais de l’autre.