27.nov.2009 Les files d’attente, c’est bien
Tout commence ici. Et avant de vous expliquer à quel point j’aime les files d’attente et les opening, je vais vous faire une confidence et ainsi ôter ce suspens insupportable : je trouve Robert Pattinson très beau.
Ça, c’est fait. Du coup, comme promis, je vais expliquer pourquoi je suis fondamentalement opposé (enfin, pas tout à fait) au mini coup de gueule gentillet de Lane à propos des files d’attentes, des opening, des méga launch et des tentes Quechua. Premier point, je fais la distinction entre les files d’attente dites « mode », celles plus frisquettes d’Akihabara et les official store opening (Apple, Microsoft, Leroy Merlin et tout le bousin).
Paradoxalement, les deux premiers types de files sont assez similaires : des consommateurs se rassemblent, forment une queue, un tas, une forme de reptile dans le but de pouvoir mettre la main avant les autres sur un produit X ou Y. En soi, c’est assez pathétique, ça peut même parfois déraper (oh, le joli lancement PS2 au Virgin des Champs; best marketing shot ever). J’avoue l’avoir déjà fait, que ce soit pour un film, un jeu vidéo, mais cela aurait pu tout aussi bien être pour une paire de basket en édition limitée ou des billets de 500 euros distribués à Paris.
Par contre, j’ai toujours ce fantasme absolu du grand opening star. Tiens, prenons le dernier exemple en date : l’Apple Store du Louvre. Imaginez tous ces fans pommés se rassemblant pour participer à une messe gigantesque dédiée à la marque. J’aurai payé pour y être. Le fun absolu : parler à des gens qui nous ressemblent, des gens assez fous (et patients) pour poireauter 5h ou plus devant une porte fermée. Bon, je plante le décor.
T’arrives de province, t’es tout seul, tu connais personne : du coup, premier réflexe, tu sors ton iPhone et tu consultes tes e-mails, l’actu de tes twittos et t’envoies deux/trois vannes dans le dernier billet du blog qui va bien.
20 minutes plus tard, t’as l’oeil qui pique (l’écran de l’iPhone est pas si grand hein). Du coup tu lèves la tête et dans un instant d’euphorie partagée, ton regard croise celui d’un semblable. Tu te sens obligé de faire une p’tite joke sympa; l’autre répond, ou rigole, ça dépend de son QI global. Puis une chose en entraînant une autre, tu te retrouves à parler de ta dernière iPhone App ou de la mise à jour un peu ricrac de Snow Leopard. De nouveaux intervenants, sidérés par les propos rejoignent la conversation. Les minutes passent encore plus vite, t’as envie que ça dure, on est contents, t’as fait des rencontres et en plus ils se sont abonnés à ton flux Twitter sous tes yeux. Génial, super,bordel, on s’éclate.
Là, t’as un connard avec un Canon 7D en mode automatique qui arrive devant toi et qui, sans rien te demander, va te prendre en photo en galère avec ton écharpe, le front gras et tes lunettes sur le bout du nez. T’es furieux, mais tu le sais pas encore puisque t’es trop happy de participer à l’événement du siècle. Du coup tu fais une blague au type, qui lui te calcule même pas parce qu’il fait un reportage photo pour ses potes de Strasbourg qui n’ont pas pu faire le déplacement et qui traînent, par la même, sur un quelconque forum dédié à Apple (Mac Génération, Mac Bidouille, ou un truc comme ça).
Tes nouveaux meilleurs potes repèrent un type 15 mètres devant avec un Archos dans les mains et des écouteurs noirs (AHAHAH) dans les oreilles. Là, sur un faux ton humoristique badant tu entends dire que c’est limite scandaleux qu’un type qui a un Archos rentre avant toi dans le premier Apple Store français et qu’à un moment, il faut aborder une certaine cohérence consumériste.
L’opening store est devenu un moment convivial, un moment d’échange, et presque même un moment Nutella. C’est l’extension de ton Social Networking Online, c’est ton Social Network IRL. Les types, tu les reverras peut-être à l’opening du deuxième Apple Store parisien, et peut-être même que tu pourras te rattraper sur la prochaine photo du type au 7D en mode automatique (d’ailleurs, ses potes seront là, je préfère te prévenir). Moi, j’adore. La queue, je la ferai et avec plaisir !
Ah, et c’était pas des blagues. Il est bégé l’enfoiré.










