17.déc.2009 Le jour où j’ai perdu mon frein
Cet article pourrait heurter la sensibilité des plus de 12 ans.
En fait, c’était il y a 3 semaines. Et non, je t’en ai jamais vraiment parlé. J’avais besoin de recul tu vois. Certaines choses méritent qu’on prenne un temps de réflexion. Rien de grave en soi: , je suis simplement allé voir un spécialiste et il a décrété qu’il fallait réparer ça. « Rien de bien méchant » qu’il disait.
Je ne pouvais qu’agréer. Le rendez-vous était donc pris : ce sera mercredi 25 novembre, 10 heures 30. A J-1, j’avais fait le tour des sites pour bonshommes 2.0 et le verdict était mitigé; certains commentaires me rassuraient, d’autres me faisaient carrément flipper. Le pire, ce sont ces ignobles photos que les types prennent de leur frein après intervention, t’oses pas y croire. Tu te dis « mais NON (c’est un gros non), c’est pas fucking possible » !
Sauf que depuis 20 secondes que tu me lis (ou pas), t’es dans le flou. T’y crois pas vraiment. Je te parle pas d’un rendez-vous chez Feu Vert, nan. Je te parle de ton frein zboubien, la chair de ta chair, la partie la plus frêle de ton 2 m² de peaux, ton putain de talon d’Achille. L’arme du crime ? Le bistouri de Grey, sans Grey, le sécateur de George, sans George. Le mutilateur ? Un freak qui a choisi de faire de la bite son terrain de travail pour les 40 ans de cotisation à venir. Et partant de là, t’es pas rassuré, crois-moi.
Jour J, nonchalant, la clope au bec, beau gosse quoi, je me rends sur les lieux du crime. Evidemment, j’ai passé 2 kilos de pommade au Cannabis sur la zone, tu sais, celle qui t’endort. Avec des gants bien sûr (pas con les mecs). Bref, clinique, service urologie, salle d’attente. Et permets moi de te dire que chez l’urologue, tu fais la queue (ça, c’est mon côté Ruquier). Un, puis deux, puis trois patients plus tard, le stress a bien eu le temps de s’installer, de faire un feu, de casser la croute et même de te donner envie de faire un pipi d’adieu au voisin bientôt disparu.
Là, l’infirmière vient te chercher. L’infirmière, pour te dire, ça pourrait être ta voisine, la putain de girl next door. Elle te demande si ça va. Tu souris, tu dis que ça baigne pendant que ton pénis crie Liberté pour Santos. Là, elle pose ton dossier sur la table, se retourne et te dit que le médecin va pas tarder. Sûrement la traditionnelle pause café de 11h, entre le toucher rectal et la rétro-session charcuterie basque.
« Enlevez le bas s’il vous plaît ». OKAY. Evidemment, je m’exécute, je fais tomber le jean, le caleçon (j’en ai mis un joli, pour l’occasion), et m’installe tout naturellement sur la planche de torture. Suivent 5 minutes interminables, l’engin de guerre à l’air où l’infirmière fait des aller-retours dans la salle ambulatoire. D’ailleurs, la salle, pour dire vrai elle est pas ultra-nickel. L’éclairage t’agresse et t’as même deux énormes mouches qui semblent copuler au dessus de l’halogène. Cool.
Finalement, micro-bite toujours à l’air (je vous ai dit qu’il faisait froid ?), le médecin arrive ! « Comment ça va ? ». Bah écoute ducon, j’ai le zboub à l’air depuis 5 minutes et j’attends le couperet dans une salle en mode Guantanamo : comme un charme quoi. Il met ses gants, il te décalotte avec deux doigts (la plus grande humiliation de toute ma vie : deux doigts quoi !) : « bon ! ça se prépare bien, ça va nous prendre 30 secondes tout au plus ». Wowow, prends le temps qu’il te faudra Charlie, je voudrai pas que tu bâcles le travail.
Il m’explique que ce n’est pas du tout douloureux, que maintenant on est passé sur un système de bistouri électrique qui simplifie drôlement la tâche et à terme la cicatrisation. Génial, donc maintenant il est en train de me dire qu’il va rapprocher un engin électrique de mon 3 pièces. C’est peut-être mieux qu’une lame finalement. Il s’assure que la crème anesthésiante a fait effet :
« Bon, quand je te touche là, tu sens rien hein, c’est bon? » *il tapote avec le bistouri*
Et en fait, je sentais bordel. Du coup, moi, en bon mâle dominé, je crie. « Pas de soucis mon grand, c’est normal ». Il commence l’opération et pour tout vous dire, j’ai pas eu le courage de regarder. Car oui, le drap blanc, c’est dans les films. Ici, pas de chichi, tu pourrais éternuer qu’il continuerait de trancher dans le lard. Vous décrire l’impression que ça fait quand ça coupe serait assez vain. Avec le recul, c’était assez bien fichu : une légère impression de brulure, comme s’il coupait mais qu’on n’avait pas la douleur. Comme chez le dentiste en fait, ni plus ni moins.
Mais le moment le plus dur, tiens toi bien, c’est pas pendant. C’est pas avant non plus, quand l’infirmière te regarde te faire sectionner le gland d’un oeil blasé.
Le plus dur, c’est quand juste avant de partir, le médecin lève la tête et te dit : « ah au fait, surtout, pas de rapports pendant 1 mois hein; normalement c’est trois semaines, mais je préfère dire 1 mois histoire d’éviter que la cicatrice n’explose… là, ce serait sang et compagnie, vous préférez éviter j’imagine ».
La prochaine fois, on parlera de coloscopie et de ponction lombaire.









