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04.déc.2009 Le complexe du blogueur provincial

J’ai très vite été agacé par ma province natale : peu de choses s’y déroulaient, culturellement parlant j’entends. Il y a les dimanches aussi : c’est facile, quiconque veut voir à quoi ressemble une ville post-apocalyptique n’a qu’à faire un tour en province le dimanche (de préférence Marseille au mois de janvier). En France, on a toujours été très doué pour la centralisation. Tout est rassemblé à Paris. Tout ? Non, des cyber-espaces d’irréductibles gaulois émergent sur la blogosphère francophone. Mais aussi étonnant que cela puisse paraître, ils ne luttent pas ensemble, pas avec les même armes, et font face à des démons internes différends. Décryptage :

Avant de catégoriser (vous savez que j’aime mettre les gens dans des boîtes, laule) les blogueurs provinciaux, j’aimerai juste mettre certaines choses au clair. Le blogueur parisien est, par nature, influent. Cela ne veut pas dire qu’il est forcément populaire mais qu’il a ou pense avoir un impact sur : (rayez les mentions inutiles)

  • les réseaux sociaux
  • les agrégateurs d’informations
  • les classements du net
  • la blogosphère
  • le peuple français
  • la diplomatie chinoise
  • les Digg-like
  • les tons du Beaujolais Nouveau
  • ses voisins du 11ème (arrondissement hein; je rappelle que le blogueur parisien influent vit dans un loft rive-droite)
  • le succès du prochain bousin LG

D’ailleurs, il diffuse ses idées allègrement: le buzz gaucho-érotique, le billet socio-comique et l’indispensable opé « j’y étais mais c’est pas de ma faute ». Partant de ce constat, le blogueur parisien influent a intégré une sorte d’échelle des valeurs de la diffusion d’informations dans le monde dont voici un aperçu certes synthétique mais parlant :

schemaidees

Au sommet de la pyramide, le blogueur parisien, véritable trend-setter de référence, inspire le peuple, couvre les idées religieuses, renie les décisions politiques : il est tout-puissant.

A l’inverse, et pour en revenir à notre sujet d’origine, le blogueur provincial a développé une sorte de complexe viral malsain. Il n’est pas au cœur de la vie économique et culturelle de notre pays et ne se permet donc pas de proposer un contenu créatif car il sait implicitement que celui-ci ne sera pas relayé par ses pairs sur la toile. Car oui, le BPI (blogueur parisien influent) n’accorde que très peu d’intérêt à la plèbe. Plèbe dont fait parti le BP, à son plus grand regret; ce n’est pas faute de lutter ! Voyons comment.

  • Le simulateur
    Il n’est pas parisien mais entretient le trouble à ce sujet : souvent en déplacement, il en profite pour faire quelques apparitions dans des regroupements de gens influents, pour des marques influentes. Toutes les photos de son profil Facebook sont en fait réalisées sur fond vert qu’il illustrera de paysages underground parisiens dans la foulée. Mais malheureusement, on ne triche pas sur l’influence : bien plus souvent entouré de bouseux que de gens instruits influents parisiens, son blog est rempli de références douteuses has-been comme le bondage autrichien et la polenta de la mère Poulard. Quand il écrit un billet sponsorisé, il l’écrit en gros pour qu’on voit à quel point il est hype. Sauf que la dernière canette Heineken, je sais pas si il se rend compte, mais on s’en tape royalement.
  • Le rageux
    Son complexe a tellement de répercussions sur son égo qu’il en devient jaloux. Seul moyen d’impacter alors : poster tout un tas de commentaires vraiment polissons sur les sites qu’il admire en secret et renier cet amour  sur son espace privé : un blog pseudo-hype ou le cynisme se mêle sans aucun effort à la méchanceté. Bouh.
  • Le suiveur
    Son admiration est tellement grande qu’il cherche à devenir l’ami de tout le monde. Il RT les tweets des BPI, il cite ses mentors sur son blog. C’est assez drôle d’ailleurs, les premiers commentaires des billets BPI sont presque toujours de lui : entrain et bonne humeur sont ses crédos. Souvent, c’est malheureux à dire, ses interventions ne servent à rien à part relayer une information déjà digérée dans la capitale. Le but de sa vie ? S’installer intra-muros, bloguer depuis le Starbucks du BHV, et faire toutes les opé commerciales des marques les plus crades du web : Red Bull, Canon et le nouvel OMO.

Les hors-catégories :

  • Le rural
    Il blog sur les faisans et la pêche traditionnelle basque. Les tendances parisiennes, ça lui en touche une sans faire bouger l’autre.
  • L’expat
    Rien’af. Il est à l’étranger, souvent dans un pays hype genre le Burkina Faso, ou la Corée du Nord. Généralement, ce sont les BPI qui passent lui dire bonjour.

N’hésitez pas à réagir et à apporter des corrections, je me ferai une joie de les ajouter.

Et si vous voulez en savoir plus, vous allez sur le hypissime Über Parisians de Jules qui m’a donné l’idée de ce billet (je m’intègre d’office dans la catégorie 3 en disant ça). Y’a un coup de gueule sapin chez LaNe (j’ai pas la fibre écolo, et j’aime pas noël). Sinon, vous restez sur Unko.fr et vous allez checker une galerie de cul.

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Commentaires

Il y a15 Commentaires sur "Le complexe du blogueur provincial"

  • LaNe dit :

    Je LAULE et je sur-LAULE. Vraiment.

    Alors à noter que le bloggeur influent vit rive droite (qu’on se le dise), et est plus particulièrement massé vers Batignolles (avec des excroissances pour les plus pauvres jusqu’à Place de Clichy, ou la Fourche).

    Hihi

    (et sinon j’en profite pour te dire que saymal de pas être écolo, surtout quand on est dans une école pseudo développement durable)
    (nanméoh)

  • Jules dit :

    @LaNe : Huuuuum, il y a une très forte concentration également du côté de Répu. Mais en tout cas, c’est clair que le loft rive gauche, c’est une légende urbaine (rapport que déjà y’a pas de lofts rive gauche).

  • RaDe dit :

    Je ne te connais pas :) Je ne connais pas ton blog. Ca se trouve t’es un vrai enfoiray, mais sur ce coup ton billet est … SLurp ! Délicieux :)

    Je me retrouve un peu :D je retrouve aussi beaucoup de mes paires. ! Bien joué !
    LAULE :)

    Merci à @Lane pour la découverte

  • matskvg dit :

    A parce que dans le 15/14 t’as pas des BPI ? Mouarf.

    J’apporte la correction néanmoins.

  • La Peste dit :

    Ce billet va changer ma vie. J’ai tellement ri que j’en pleure.
    Je suis une pisse-copie rurale complètement hors-catégories mais je m’accroche. Le taf me déplace à Paris deux fois par mois mais je ne fais guère illusion… Je n’ai même pas de cachemire Uniqlo, c’est dire si j’effleure même pas les matières pseudo-nobles ; c’est pire que de la lose, c’est même pas racontable.
    Et comble de la ruralitude, quand je descends du tgv à Strasbourg et que je saute dans ma voiture pour regagner mon patelin montagneux, j’ai tellement hâte de rentrer chez moi que j’en frémis d’impatience.

    Je crois que c’est irrécupérable.

    (Mais pour ma défense, je me débrouille trop bien dans le métro, je peux aller n’importe où et j’ai l’air aussi renfrogné que les indigènes. Ca compte ?)

  • matskvg dit :

    @rade : content de te voir ici bas ;) repasse quand tu veux

    @La Peste : wow, merci :)
    C’est pareil pour moi quand je suis à Paris (j’y ai même habité 1 an, mais ça, ça compte pas) je joue le rôle d’un parisien (je tire la tronche, je lis pas les panneaux dans le métro, je me mets en terrasse même quand il fait -12), je sais pas si je suis crédible mais au moins je m’adapte =/

  • LaNe dit :

    @Matskvg est ce que tu fumes ?? le parisien fume. donc le bloggeur influent parisien aussi.

    CQFD

  • matskvg dit :

    Oui je fume. Trop même =/

    Et j’suis pas persuadé que tous les BPI fument. Y’en a plein qui ont arrêté pour faire des chroniques sur leurs blogs.

  • chatroulette dit :

    Passionnant tout ça ! Mais deja lu et relus ce genre d’idée.

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