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24.déc.2009 Avatar ? Au secours !

La semaine dernière, une blogueuse nous expliquait qu’il fallait absolument voir Avatar, le dernier James Cameron, tu sais, le film qui a coûté des billions de roubles-sterling. Alors moi évidemment, en trend-suiveur narcisso-comique, je corromps ma copine pour aller le voir au lieu de m’intéresser au magique « Les Chats Persans » de Bahman Ghobadi (oui, elle a de bons goûts).

Soyons brefs, (j’ai le bout des doigts qui va geler ici) ce film vaut le coup d’oeil, c’est clair. Techniquement, ça va très loin, au point qu’on ne parvient plus parfois à faire la différence entre images de synthèse et temps réel. Merci la motion capture; ici, on fait au moins aussi bien. Esthétiquement, c’est jojo, mais on sent que Cameron a su emprunter à de nombreux univers du jeu vidéo en restant crédible (enfin…) et original, bravo à lui (avis perso : le character design est tellement conventionnel que j’en ai eu des frissons).

Le scénario ? D’autres d’une même qualité n’ont fait l’objet que d’une simple adaptation télévisée (de piètre qualité). J’ai entendu une fois, « Avatar bouleverse les clichés ». C’est pas faux, mais de quels clichés parle-t-on ? Les clichés d’une Amérique bouleversée par la guerre du Vietnam : oui, c’est vrai, pour une fois un gros blockbuster américain ne fait pas l’apologie du rêve américain (avec la légère nuance que le film parle de « mercenaires » engagés par une grosse corporation, un genre de Total du futur; l’Etat est donc désengagé, c’est plutôt le système capitaliste qui est mis en cause, sans aucune nuance, aucune).

Non, Avatar, c’est du cliché : le droit des peuples à disposer d’eux-même. Avatar, c’est du Rousseau délavé : le putain de contrat social, l’état de nature.

J’ai reçu, Monsieur, votre nouveau film contre le genre humain, et je vous en remercie. Vous plairez aux hommes, à qui vous dites leurs vérités, et vous ne les corrigerez pas. On ne peut peindre avec des couleurs plus fortes les horreurs de la société humaine, dont notre ignorance et notre faiblesse se promettent tant de consolations. On n’a jamais employé tant d’esprit à vouloir nous rendre bêtes; il prend envie de marcher à quatre pattes, quand on lit votre ouvrage. Cependant, comme il y a plus de soixante ans que j’en ai perdu l’habitude, je sens malheureusement qu’il m’est impossible de la reprendre, et je laisse cette allure naturelle à ceux qui en sont plus dignes que vous et moi. Je ne peux non plus m’embarquer pour aller trouver les sauvages de Pandora; premièrement, parce que les maladies dont je suis accablé me retiennent auprès du plus grand médecin de l’Europe, et que je ne trouverais pas les mêmes secours chez les Na’Vis, secondement, parce que la guerre est portée dans ces pays-là, et que les exemples de nos nations ont rendu les sauvages presque aussi méchants que nous. Je me borne à être un sauvage paisible dans la solitude que j’ai choisie auprès de votre patrie, où vous devriez être. (Voltaire, lettre à Cameron)

Dans Avatar, l’Homme est fondamentalement méchant et cupide (sauf une latino, un handicapé, une fumeuse, un gros et un geek). Dans Avatar, tous les indigènes (les Na’Vis, OKAY) sont connectés en fibre optique via une solution capillaire. Si c’est pas la définition exacte d’un pitch capillo-tracté. Merde !

C’est plein de bons sentiments naïfs: le handicap, la xénophobie, le militarisme, le méchant tout droit sorti de G.I Joe (faut le piquer lui; son jeu est si subtil), l’écologie (paye tes green références périmées)… STOP.

Le pire, c’est qu’il a fallu qu’un connard du NY Times trouve ça remarquable pour que toute la planète dise du bien de cette daube. Ca prouvera qu’on est au moins aussi connectés que les Na’Vis, les arbres en moins.

J’en connais une qui me doit 8 euros.

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Commentaires

Il y a8 Commentaires sur "Avatar ? Au secours !"

  • Monster dit :

    exact, pas plus, pas moins :)

  • kyute dit :

    Bof, pas vraiment d’accord…
    Si certes le film n’a rien de stupéfiant, je n’aurais pas été si loin dans la critique. J’aime le design même s’il reste trop humanisé, j’aime le scénario si simple qu’il ne prend pas la tête…
    Si j’adore certains films qui tiennent réellement de l’art, je pense toutefois qu’avatar est un bon divertissement.
    Et si je ne comprend pas l’intérêt inouï qu’il suscite, il reste un bon sujet de discussion =)

  • matskvg dit :

    @kyute : « il reste un bon sujet de discussion », la preuve en est =) Les avis divergent concernant Avatar, c’est bon signe je dirai. Au risque de me répéter, je me suis ennuyé 1/3 du temps et le scénario n’a pas réussi à captiver mon attention 3h durant (clichés, tout ça)

  • Niña dit :

    Suis-je la seule à trouver un remarquable parallèle entre Avatar et Pocahontas?

    Dans Pocahontas, les méchants blancs veulent que les indiens avouent où est enterré l’or. Dans Avatar, les méchants terriens veulent jarter les Na’Vis pour récuperer un métal précieux.

    Dans Pocahontas, Pocahontas est la fille du chef et de la défunte prêtresse du village qui savait rentrer en communion avec les esprits. Grand Mère Feuillage, le saule pleureur, aide Pocahontas à suivre les traces de sa mère et à entendre la voix des ancêtres.
    Dans Avatar, la Na’Vi (Mithil? un truc comme ça) est la fille du chef et de la « sorcière » du village. Elle est destinée à devenir sorcière à son tour. Un arbre qui ressemble à un saule pleureur rose éléctrique permet d’entendre la voix des défunts…

    Dans Pocahontas, le méchant est un gros méchant débile et bourrin, mais à la fin, ouf! Les blancs se rebellent contre lui et refusent de lui obéir. Même les plus lâches et cons.
    Dans Avatar, le méchant est un gros vilain militaire, mais dieu merci, de gentils terriens sont là pour se rebeller et sauver les Na’Vis. Même ceux qui voulaient obéir, on voit bien qu’ils sont moyennement d’accord au final et qu’ils ont des remords.

    Dans Pocahontas, John Smith rencontre Pocahontas à la cascade.
    Dans Avatar, Jake Sully rencontre Mithil (appelons-la comme ça hein) juste après s’être jeté dans une cascade.

    Dans Pocahontas, John Smith essaie de faire ami-ami avec Pocahontas pour lui arracher cette information : ou est planqué l’or?
    Dans Avatar, Jake Sully s’intègre aux Na’Vis grâce à Mithil pour tenter de les convaincre de se barrer en leur laissant le métal précieux.

    Dans Pocahontas, il y a toute une scène ou Pocahontas apprend le Wingapô, le bonjour indien, à John Smith.
    Dans Avatar, il y a toute une scène ou Mithil apprend le « je te vois », le bonjour Na’Vi, à Jake Sully.

    Dans Pocahontas, John Smith tombe amoureux de Pocahontas et réalise que bon, les indiens sont cools dans le fond, et puis y’a pas d’or de toute façon.
    Dans Avatar, Jake Sully tombe amoureux de Mithil et réalise que bon, les Na’Vis ne sont pas des gros vilains en fait, et puis fuck les terriens hein on va tout de même pas faire chier les Na’Vis pour quelques tonnes de métal hypra précieux, si?

    Dans Pocahontas, le « futur époux » de Pocahontas est tué pas un blanc.
    Dans Avatar, devinez qui est tué par qui?

    Dans Pocahontas, John Smith est démasqué par les siens et plus personne ne lui fait confiance, puisque ce salaud s’est allié aux indiens.
    Dans Avatar, Jake Sully est démasqué par les siens, ce salaud aime les Na’Vis, gros trouduc’ va (=_=)

    Dans Pocahontas, John Smith est consideré comme un traître et est retenu prisonnier par les indiens qui veulent lui trouer la peau.
    Dans Avatar, Jake Sullly est consideré comme un traître par les Na’Vis et….

    je continue?

    Sérieusement, ce film est un remake de Disney en version SF. C’est ridicule d’un bout à l’autre, on sent venir la fin dès les premières minutes… Mais oui, je le dis sans hésiter, c’est très beau, magnifiquement bien réalisé. On plonge dedans comme un rien et on finit par oublier que tout ça n’est qu’an amas de pixels de synthèse. Une histoire pourrie pour un décor magnifique, l’un dans l’autre ça compense.

  • matskvg dit :

    Ton commentaire est plus long que mon billet, c’est scandaleux ! (mais je l’aime beaucoup)

    Non, blague à part, concernant Pocahontas, James Cameron est très clair puisqu’il avoue avoir largement pioché dans cette référence (et dans d’autres, OK).

    Ce qui me choque c’est plus le message et la démagogie qui découlent globalement du film. Et même au delà de ça, le message peut être pourri mais faire un grand film de divertissement (regarde Starship Troopers =o). A mon sens, c’est même pas le cas : y’a de ces longueurs affligeantes.

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