La dernière campagne de la JR incite visiblement les japonais à se rendre dans le Tôhoku (東北), cette région nord d’Honshu directement touchée par le séisme du 11 mars 2011 et le tsunami dévastateur qui l’a suivi; rien d’extraordinaire néanmoins, des campagnes similaires sont tous les ans visibles dans les trains du Kantô (関東). Ski, onsen, tourisme; toutes les raisons sont valables pour aller se plonger le temps de quelques jours dans les incroyables paysages du nord d’Honshu (de Fukushima à Aomori).
Je trouve cette édition fort réussie dans la mesure où elle prend le parti de la couleur, du mouvement et de la proximité verbale (« iku ze! » un « allez, on y va! » qui résonne rapidement comme un mantra viril, empreint de cette solidarité du « gambarô » qu’on peut croiser ici et là dans le collectif sociétal japonais… l’école, l’entreprise, l’armée ou à plus grande échelle, dans le concept de sentiment national).
Tu peux retrouver en galerie les différents posters que j’ai honteusement pillé sur le site officiel de la JR. Ils ne m’en voudront pas. J’aime beaucoup celui qui dit:
Yamagata, Aomori, Akita, Iwate, Miyagi, Fukushima, 今行かなくて、いつ行くんだ。(ima ikanakute, itsu ikunda; si je n’y vais pas maintenant, quand est-ce que je vais y aller?)
Plutôt que de prendre à parti directement les utilisateurs (bien souvent) tokyoïtes visés par ces publicités, la JR veut incarner ce sentiment d’entraide national. Elle joue la carte de la première personne, ce qui est souvent le cas au Japon lorsque le publicitaire veut employer un langage familier, pour introduire la notion de responsabilité vis à vis du maintien économique de ces régions.
« Si je n’y vais pas aujourd’hui, alors que toute une région m’attend, aurai-je encore l’occasion d’y aller? » J’y vois comme une traduction moins fataliste de ce constat.
Tout ça évidemment teinté par une vision très mercantiliste du transport; c’est JR après tout, et ils ont bien entendu tout intérêt à conserver un nombre importants de passagers cette saison dans les shinkansen pour rentabiliser les lignes à grande vitesse ainsi qu’amortir le coût des réparations engendrées par la catastrophe de mars 2011. Peu importe, c’est malin, plutôt esthétique et ça donne envie d’aller tremper ses fesses dans un bain chaud à 42° près de Nagano. Bien joué.
Ici, vous trouverez les quelques posters horizontaux en 1280×1024 (résolution maximale visiblement). C’est du wallpaper de Minitel quoi.
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